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Auteur-compositeur-interprète, Zoro Bilel est avant tout un artiste aux multiples facettes, aux influences variées qui lui viennent de son enfance passée au Congo. Né à Kinshasa, son enfance est bercée par le son des agwayas, cette musique cérémoniale traditionnelle et festive, mais aussi par les chansons populaires (rumba) de Luambo Makiadi « Franco », figure de proue de la musique africaine des années 70 et 80. Influencé très tôt par la musique occidentale, il écoute aussi Nina Simone ou Jimi Hendrixs, et se laisse séduire par la spiritualité reggae de Bob Marley et Peter Tosh.
Adolescent déjà, au temps de son premier groupe de musique et de sa première guitare, Zoro Bilel pressent que son avenir passera par l’art, même s’il doit d’abord terminer ses études. Aussi doué
pour le dessin que pour la musique, il choisit les Beaux-Arts qui le mèneront tout d’abord à Valencia en Espagne, puis à La Sorbonne à Paris. Exposé à plusieurs reprises, sa peinture lui permet
de vivre mais, le cap de la trentaine passée, il sait qu’il ne pourra pas s’en contenter : la musique l’habite depuis trop longtemps et il ne voit plus son avenir ailleurs que sur scène. Quelques
concerts dans des cafés parisiens auront suffi à sceller son destin.
2008 : A 31 ans, il compose « Zoro Bilel », album éponyme qui fait suite à « 10 Mouvements » premier album arythmique réalisé lors de ses études. Avec « Zoro Bilel », l’artiste
exprime tout son ressenti, lui qui conçoit la chanson comme une réconciliation avec soi-même, comme l’expression d’une spiritualité intérieure. Le strass et les
paillettes, ce n’est décidément pas pour lui, qui se rêverait plutôt comme un héraut de la folk music, déambulant avec sa guitare pour seul compagnon, à l’image d’un Bob Dylan ou Tracy
Chapman. Ce qui intéresse Zoro Bilel c’est avant tout les gens et les sentiments. Poète engagé, ses textes parfois empreints d’humour dénoncent à leur manière les travers humains ou de la
société, mais célèbrent avant tout l’amour dans toute son universalité. Universel, comme son art aux influences africaines et occidentales.
Pour Zoro Bilel, toutes les musiques sont bonnes et, comme le disait si bien Miles Davis, « les fausses notes n’existent pas ». Selon lui, l’Art ce n’est pas le beau ou le laid mais plutôt
l’Esprit, «le principe de nécessité intérieure » dont parle le peintre Kandinsky, un principe qui abolit les perceptions liées à la beauté comme à la laideur, qui privilégie l’intérieur, l’âme de
celui qui crée, avec un seul objectif, celui d’atteindre l’âme humaine… Partageant cette conception philosophique de l’Art, Zoro Bilel l’applique dans sa musique où il expérimente le beau et le
laid, ces deux facettes opposées de l’art d’Orphée, mêlant ainsi la douceur des plus belles lignes mélodiques à ses sons moins agréables à l’oreille.
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